Vial – St-Honorat – Menton

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Tout est ficelé pour une bonne journée cross à St-André.
Comme d’hab, impossible de convaincre quiconque de voler à Auron (et oui : c’est toujours mieux à St-André).

Tout s’effondre à 7h du matin, je dois faire le deuil de ma journée de vol pour rester avec ma fille Olga qui est malade. Bye bye le trajet anglophone avec Anita qui revient d’Afrique du Sud et de Loliv le winner…

Le miracle se produit à 8h40, ma copine appelle le pédiatre et me lâche un « vas voler si tu veux ». J’avais déjà oublié cette journée qui s’annonçait un peu humide et incertaine, mais je ne la fais pas répéter et je prends la route sans plus attendre !

9h30 : Bleine ou Saint-André ou Auron ?
> pas Bleine

10h00 : Auron ou St-André ?
il y a deja pas mal de cums sur le Mercantour
> Saint-André mais je serai bien en retard…

10h10 : pause essence indispensable, je tombe nez à nez avec le Mont Vial, c’est une évidence !
du coup, le plein pourra même attendre ! go ! go ! go !

11h15 : Décollage, après avoir laissé mes clefs à des sympathiques runners afin qu’ils descendent ma voiture.
C’est encourageant : 2285, dérive ENE.

Je m’applique à longer cette ligne de crêtes vers l’Ouest en enroulant tout ce qui bouge . C’est du thermique bleu alors que partout ailleurs les cums poussent poussent poussent.
Il ne faut pas descendre, c’est loin d’être évident à enrouler entre les brises et la tendence du vent meteo.
Je prends mon temps et surtout, je savoure : depuis le temps que j’en rêve !

12h30 Pic de Chabran ou Cocalé ???
Je doute que mes 2500 suffisent pour remonter à l’Ouest vers Le Puel (sud de la ligne qui mène au Puy de Rent). La brise d’Ouest se fait déjà sentir sur mes vitesses. Le ciel se couvre vite vers Bleine, Saint-André.
La vallée du Haut Var est bleue, je décide de la remonter !

Cocalé, rien.
Saint-Benoit : facile, toujours magnifique cet endroit !

13h30 vers le Mourre Frey
Je ne comprends rien au vent et je ne connais pas encore très bien le coin. Je n’ai pas de brise mais du NE, ça me dissuade de remonter la vallée. Et si le vent rentrait fort ? Non, les nuages vont à 10 kmh grand max.
Je suis contré vers l’Ouest aussi. Tout passe à l’ombre dans le coin.

Je suis perdu sur la suite à donner à se vol. Je réflechis.
Le salut est dans le bleu en direction d’Auron.
Si je ne comprends rien, le mieux et de chevaucher les crêtes du Mourre Frey au Saint-Honorat. Bingo !

13h50 – Saint-Honorat survolé à 2750
Il ne donne rien, je m’en fiche, j’ai largement de quoi traverser la vallée.

14h13 – La Colletta au dessus de Chateauneuf d’Entraunes.
Il y a 3 ans presque jour pour jour il m’avait propulsé à 3850. Lors de mon premier vol dans le Parc de Bleine à Isola 2000. Aujourd’hui ce sera des grosses minasses avec les bras jusqu’aux fesses pour garder l’aile en vol, des coups de vario démoniaques avec des pointes à +10. Du coup je ne surveille pas le nuage et m’aperçois un peu haut qu’il est plus que temps de déguerpir au large aux oreilles très vite.

14h34 – 3200 au large du Mounier
C’est la Blanche sans planeur, dans un cadre magnifique. Il y a de la neige fraîche sur tout le massif, c’est superbe.

Que faire ? Basculer sur les crêtes frontalières et partir derrière Saint-Etienne ? Mouais….
En fait, il ya a un gros nuage au dessus de Bueil et d’autres encore plus au Sud. Si j’arrive à prendre cette ligne sans trop perdre, je serai bien placé pour transiter vers La Colmiane.

Je n’ai jamais connecté La Colmiane à part depuis Sospel. Ca m’impressionne ! C’est le jour ou jamais !

14h45, 1900 au Lauvet D’Ilonse
Quelle ligne merveilleuse collé sous un gros nuage du Mounier au Sud de Bueil bien foncé sans rien perdre ! Ca a marché, j’ai réussi à me mettre au vent, j’enroule et je fais 2990 avant de transiter vers la Colmiane. C’est sans suspens !

15h20 La Raya
Sans suspens…. il fallait le dire vite. Une tendance NE me dissuade à viser le traditionnel Rimplas. Je sais je suis débile des fois.
Je tente le Mont Viroulet et me replie sur la Raya après la dégueulante d’avant-raccorchage ! Quelle indécision ! Bon on oublie le caffouillage….

Ca monte à 2850 à la Balme dans une confluence plus à l’Ouest que d’habitude me semble -t-il. Gaby attend dans l’ombre pour décoller au Pic. En fait ce n’était pas lui.

Le trajet vers Roquebilière (via Caire Gros) est dans l’ombre, avec une ligne de cums.
Le(s) trajet(s) vers le Gélas est(sont) ensoleillé(s) avec des cums mais pas trop.

Comme j’ai déjà fait le Gélas et que j’imagine aussi que la neige est bien tombée au cœur du massif, je vise Sospel, plus simple aussi pour rentrer.

15h58
J’adore quand les nuages nous aspirent et nous permettent des transitions de dingue !!!
Aujourd’hui ça marche bien. Apres 16 km sans enrouler. Je raccroche la Cime de Suorcas à 1920 et ça remonte.
Peira Cava, Crête de Mandine… Le glide jusqu’à un Sospel huileux est acquis. Je suis très satisfait de mon vol, j’ai vu de la vraie montagne, j’ai fait 2 nouvelles sections (Mont Vial > Entrevaux & Mounier>Bueil>Colmiane) dans un cadre et une aérologie sympathiques.

Une aile enroule sans vraiment monter vers plan Germain au Sud de Sospel. Je dégueule bien face à la brise de Mer venant du Col de Castillon et j’arrive finalement dans une espèce d’ascendance née par la conjugaison d’une confluence favorable et d’un ensoleillement tardif NO.

1100 ne t’enflamme pas Pasc.
1200 reste concentré pour ne pas perdre cet ultime cadeau du 24 mars 2012.
1300 mais c’est que ça va le faire ! ne lache rien !
1430 go go go !

16h50
Je passe le Mont Razet vers Menton pour la première fois de ma vie. Je suis déjà passé une fois dans le même sens, mais coté Gramondo, j’en garde un souvenir un peu angoissant. Et bien là c’est juste 3 fois pire !

Face à la brise, dans un univers totalement hostile au parapente jusqu’à la mer, ça commence par bien se présenter avec du glide et une bonne la vitesse face à la brise de mer.
Et puis un peu avant la Pointe de la Penna et son impressionnante ligne électrique, ça commence à devenir un yoyo mental avec des VZ instantanées oscillant sans cesse entre -2 et +2. En fait je suis sous le vent d’Est, je me fais brasser tout le temps, pas super fort mais assez pour m’empêcher de juger mes chances d’arriver à la plage. La mer semble calme et je me demande comment ça peut être si désagréable en l’air. Il me semble qu’il y a aussi pas mal de bulles thermiques qui partent et qui contribuent à rendre l’air si pourri.

Finalement, je n’arrive à me détendre que vers la fin ou 10 minutes de plouf dans 10kmh d’Est huileux au dessus de l’eau me permettent de savoureux ce vol.

Un rêve se réalise : poser à Roquebrune/Menton après avoir taquiné quelques-uns des plus beaux sommets du Mercantour, enneigés !.
Avoir pu faire ça de manière opportuniste, inattendue fais également partie du plaisir.

Merci à Max et Mathieu pour la voiture !

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