Saint-André – Ecrins – Oisans – Maurienne

Juillet 2013 au départ de St André, une journée de cross assez médiocre et laborieuse m’a permis d’entrer par la petite porte au coeur du massif des Ecrins. Ce que j’y ai vu était grandiose…

http://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/2012/vol/20132843

Nous sommes partis remontés à bloc avec JPT pour cette journée annoncée sèche et Sud après des semaines de conditions orageuses.
Nous arrivons à partager notre enthousiasme avec Tom, Dgilou et Victor.

Bleine semblant sur les prévisions un petit peu aléatoire avec de l’air marin humide, nous bétonnons le plan avec un départ de Saint-André. On perd 2 heures de vol et 30 km sur la journée idéale mais bon…

Malheur ! C’est Ouest et les cums poussent bien en montagne. On ne décolle que peu avant midi du Chalvet.
Consolation, ça porte bien, je ne perds pas trop de temps.

Le plaf est bas et le flux d’ouest modéré me fait choisir le Cheval Blanc… je vole pépère sur Cheval-Blanc Carton et Lachaux. J’observe surtout les nuages et analyse les opportunités de vol. Pas facile, tout change assez vite avec des gonflements-dégonflements.

Le gros truc qui ombrageait la Blanche est de moins en moins impressionnant.
La conflu à Dormillouse me semble sérieuse mais elle ombrage à son tour une large zone et peine à me tirer. Aucun CB nulle part, j’ai le temps…

Le plaf est médiocre sur le Morgon mais :
le Viso est visible (avec plaf bas en italie), les Ecrins sont très peu ennuagés. Un cum prend le sommet de la Barre des Ecrins, ce qui montre à l’optimiste que je suis que le plaf n’est pas si mal. C’est bien bleu à l’ouest.

Un Morgon >Guillaume est donc la suite logique.
Une fois au Guillaume je suis sur 3 options qui sont Viso (mais ça me semble potentiellement une impasse avec des plafs bas et humides en Italie) Grenoble par l’ouest (mais ca va etre difficile de se mettre au Piolit et je ne suis pas sûr que les brises vers Corps soient Sud tant le flux rencontré jusqu’alors est davantage de l’Ouest que le Sud des prévisions) et… 3eme option : les Ecrins (aucune objection et une grosse envie) !!!

Je croise une Niviuk qui se fait bien brasser en essayant de remonter la Durance par les cretes au nord du Guillaume.. je suis un peu ça de haut, il va vraiment pas vite vers l’Ouest… ça me conforte dans mon option.

Après avoir constaté mon impuissance à enrouler un thermique dans 30kmh, j’arrive à voler deux tours dans un truc un peu plus fort qui décalle à max. Yes ! J’arrive à me faufiler en passant de justesse au Nord. C’est parti pour de la nouveauté et de la nouveauté grandiose !

Je ne vais pas développer l’itinéraire intra-massif. Certainement un des plus beaux moments de parapente que l’on puisse vivre en France.

Un paysage de dingue avec arrêtes de type haute montagne, des glaciers, le tout dans un isolement qui donne à la fois du piquant et de la solanélité : imaginez la jubilation et  bonheur !!! C’est l’AVENTURE !

Quelques infos en faisant court :

– je reste quand même très concentré sur l’objectif de voler juste et bien et je fais très très attention quand je suis à proximité du relief

– les conditions sont difficiles avec du vent 15-25kmh OSO, ça décale bien mais ce n’est pas ce que j’appellerais malsain.

– les thermiques sont dans l’ensemble rares et certains sont même relativement mous, c’est bien pour souffler mais ça rend l’itinéraire assez retors et pas gagné.

– au coeur du massif aux plus hautes altitudes, les thermiques deviennent hardcore avec beaucoup de vent, m’obligeant à serrer fermement les virages dans la branche vent arrière pour ne pas me faire décaller

– j’étais super impressionné de voler au dessus et contre ces crêtes majestueuses et désertes, ces montagnes mythiques.

– je n’ai pas joué à essayer à tout prix de faire les sommets, je reste dans un optique cross et je souhaite avancer vers le Nord, je me sens plus à l’aise un peu au large. Cela me permet de contempler et de savourer pleinement et aussi sereinement que possible ces instants tant attendus.

– cela ne se passe pas trop mal question navigation, j’avais pas mal préparé sur Google Earth donc ce n’était pas un labyrinthe

Regardez le vol de Guigui, avec des conditions un peu plus généreuses :

Ensuite je vais plonger vers l’ouest (les 2 Alpes) car ce que je vois au nord de la Meige me semble un peu moins propice (pentes douces replats et herbe).

Je quitte donc les Ecrins avec pour cadeau un glacier énormissime (glacier de la Selle) et non loin, une grotte XXXXL. Magnifique !
Un plaf d’adieu a 4000 et un bon gros glide poussé par du SO. Je croyais quitter les Ecrins pour le Taillefer… mais pas du tout 😉  Je suis juste un pinpin perdu après les Ecrins…

En guise de Chamrousse c’est… Huez 🙂

J’arrive vers Huez avec brise soutenue de face, je me précipite un peu et je dois porter ma croix pour remonter sur les hauts reliefs.

Une fois aux crêtes, les gros cables des téléphériques et la luminosité difficile (avec un soleil devenant bas et de surcroit de face) m’incitent à glider avec le vent plutôt que de repartir sur un franchissement de vallée pour aller vers le Nord.

Enormous ! Je me retape donc une superbe session de belle montagne avec les glaciers et les lacs à moitié dégelés du massif des Grandes Rousses… Le tout poussé à 55 kmh avec une finesse infinie… c’est superbe.

Je n’ai qu’à laisser flotter mon aile dans cet air huileux et à contempler tout cela, encore et encore.

Du Col de la Croix de Fer, je reconnais loin au sud le Tabor que l’on avait survolé à 4000 en 2009 avec Fred Nabet.

J’essaierais d’allonger au max le vol en remontant la Maurienne mais le final en restit poussé par la brise que je planifiais se heurte après Saint-Michel-de-Maurienne à du catabatique….

Il est plus de 20h quand le rêve se termine, c’était superbe !

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