Sospel – Colmiane – Roquebrune – Bevera – Isolabona – Sospel

21 mai 2017 – Sospel forever !

https://www.xcontest.org/world/en/flights/detail:pascamax/21.5.2017/08:50

Un superbe vol avec le Gélas, le Pelago, du suspens dans les vallées hostiles de la Bevera et de la Roya… et même la mer

Avec une bande d’énervés* nous décidons la veille de voler le lendemain à Sospel.

* Philippe P, Loliv, Pilou et JPT : pour la plupart auteurs d’une illustre arrivée au déco du Col Agnel à 11h en août 2016

Après maintes petites manipulations et de nombreuses couleuvres avalées, l’inertie de ce groupe légendaire est mise a rude épreuve 🙂

Nous laissons notamment Philippe P au déco… du bas ! (Agaisin)

Le temps de faire la piste et de monter le chemin, nous nous retrouvons au décollage à une heure, si ce n’est propice, à la limite de l’acceptable.

C’est déjà fumantissime 🙂 🙁 ….

D’ailleurs, au déco du bas, les pilotes, dont Philippe P. , montent facilement en notre direction comme des morts de faim. Ils pavanent et pensent mettre à mal notre théorie du déco systématique au Monte Grosso (alors qu’en réalité nous sommes juste en retard d’une heure).

Je décolle, c’est très bon, il y a des jolis cums qui poussent à belle allure. Mangiabo Ventabren Authion… easy ! J’arrive sur la cime du diable et je décide de continuer au coeur du massif dans le bleu.

Hélas ce n’est pas bleu pour rien et les quelques bips au survol des cailloux ne suffisent pas à s’élever significativement. Tant pis. Je traverse la vallée de la Gordolasque et c’est un peu à l’est de la Vallette de Prals que je m’emploie à monter. Le plaf est à 2900, médiocre. Je continue l’arrête et me jette avec 3100 sous le Gélas où il ne se passe rien à part quelques skieurs.

Evidemment, j’oublie souvent de le préciser dans mes récits, je me délecte des ces paysages, la mer, la plaine du Po, les belles montagnes, la neige, c’est top classe ! Mais mon altitude diminue et je commence à me sentir un peu enfermé dans ce magnifique cirque. Je me déplace sans tarder au Nord de la Madone des Fenestres ou cela monte très bien. Un nuage se forme au Pélago.

Aujourd’hui je suis super motivé et enthousiaste, il n’empèche que c’est avec un peu d’émotion que je me trouve maintenant au dessus de ce Mont Pelago, au même endroit où il y a 1 an et demi j’avais perdu le contrôle de mon aile et tiré pour la première fois en situation réelle mon parachute de secours.

Je n’arrive pas vraiment à y exploiter quelque chose, je me rends compte que le vent de Nord-Est est très sensible par ici. Je poursuis un peu plus au Nord, j’arrive à enrouler mais j’abandonne l’idée de poursuivre sur cette ligne de crêtes. A mon goût il y a trop de vent et je préfère rester voler sur une partie protégée.

Mont-Archas, ça remonte au plaf mais comme il est médiocre, il va falloir faire une séance de rodeo sous le vent pour arriver au Mont Pétoumier.

Il y a du Nord Est ici aussi, c’est un peu désorganisé. Je poursuis vers le Giraud et je renonce à St-Etienne de Tinée ou au Lauvet d’Illonse. C’est que cela commence à s’étaler et que j’aimerais bien repasser sur Sospel avec du Soleil.

Un cheminement un peu malheureux et me voici réduit à rémorer un biplace Gradient blanc et bleu dans la conflu au dessus du Déco du Pic. Tout est à l’ombre par ici.

Quelques taches de soleil en chemin pour Roquebiliere sur la crête m’aident bien et je m’en sors pas trop mal, mais le plaf n’est pas exceptionnel, genre 2600 et de mon coté j’ai négligé des petits bip et à moins de faire demi-tour ça ne va même pas le faire maintenant.

Il y a du soleil et un beau nuage (plaf plus bas) en direction d’Utelle, les crêtes au Sud de la Vésubie sont aussi au Soleil, mais je ne le sens pas. Arriver par Moulinet n’est souvent pas le meilleur moyen pour passer sur la mer. J’avais avant de même voler très envie de jouer sur Roquebrune, mais quand j’ai vu l’instabilité ce matin au déco de l’Agaisin (déco du bas de Sospel), c’est devenu un impératif.

Je vise donc la crete des Coules au Sud de Belvédère dont la partie Ouest est encore à l’ombre. C’est un peu piègeux mais je m’applique à ne pas me faire emporter par la brise et à rester à hauteur de crête : plaf, ombre, je passe sur le Col de Turini. A peine ai-je révisé mon option de passer par le Ventabren et le Mangiabo (ombre) VS Peira Cava et Moulinet (soleil), que mon soucis immédiat est de me remonter au Col de Turini.

Cela doit faire au moins 20 fois que j’y passe et c’est la première fois que je bute sur la bosse au Sud. C’est dingue ! C’est au soleil en plus !

Sans hésitation je choisis les faces Sud du coté Bévéra : ca va donner facilement !

La maison surplombant une belle pente aride : ça bipote mais je perds inexorablement. Je pourrais me poser là tiens ? Non, je suis un expert 😉

Plus bas : la Ferme, davantage dans le flux de la vallée principale, soleil, aridité : que dalle !!! Ca commence à m’inquiéter cette histoire.

Dernière option, Vallon de la Gourra. Ca tient difficilement ! Pffff si je dois me poser ça va être au choix :

  • bouillant très serré si j’arrive à la propriété que je voie en aval,
  • bouillant sur des planches derrière moi,
  • ou plus sagement un carnage matériel dans la foret.

Je trouve un truc à enrouler, ça marche, c’est compliqué mais ça marche. YESSSSS. Euh non pas d’enflammade, ça décale à fond dans le vallon, pas bon ça, si je le perds c’est sûr que je vais repartir à zéro : et bam 🙁 profétie auto-réalisatrice. Le moral en prends un coup. Faudrait vraiment que je me dépèche en plus car y a des cum à plus de 50% dans mon ciel maintenant et j’en vois un qui va ombrager mon territoire dans peu de temps.

Aller patience, application. Yes, la face Nord-Ouest bien végétale me donne davantage d’énergie que l’éperon Sud-Est rocailleux. Une fois à portée d’un vieux contrepente dans l’herbe, je revis. Un vrai champ, c’est maintenant Bysance. Retour non loin du nuage, me voilà apaisé.

Comment j’ai pu me faire avoir alors que tout semblait bien propice ??? C’est encore un sale coup de mon ignorance. Il sera temps de philosopher et d’étudier cela, mais plus tard.

Retour au Mangiabo, belle ligne, passage du Col de Castillon à hauteur de Razet. Sur la crête aucun vrai thermique ne s’impose, j’essaie 2-3 tours par-ci par là et j’en fait le deuil. Dommage j’ai du rater un truc car je vois des hirondelles 100 m derrière moi enrouler un truc. Ce n’est pas bien grave.

J’arrive à Sainte-Agnès et ça ne bipe pas beaucoup avant… le thermique qui déchire bien. Comme d’habitude sur ce village touristique les spectateurs sont là. Je perds un peu mon ascendance et je continue sur les crêtes de Gorbio qui donnent souvent au moins autant. Et là c’est excellent, je gère quelques changements d’orientation pour finir à 1500. Yes !

Je vais tourner le Mont-Gros, j’aurais pu faire un tour à Lou Barei (Turbie) mais restons discrets le déco et l’atterro sont impraticables en journée en cette saison.

Je refais un bon plein dans le même thermique de Gorbio et file sur Menton. C’est trop tôt pour arrêter, c’est excellent ! En plus on n’a pas vraiment eu loisir d’aller faire des cross vers la Ligurie cet hiver.

Ca remonte bien, je vais taper direct les antennes de la Tramontine autant éviter de devoir remonter à Bevera où on ne sait jamais ce qui peut se passer question plaf. Et là, surprise, je vois une aile ! Yes c’est Luka, je le rejoins et Corrado déboule à son tour depuis Ospedaletti. J’arrive à comprendre qu’il sont allés vers Orméa et reviennent. J’explique à Corrado que je compte rentrer à Sospel et que j’ai une voiture là-bas pour les ramener.

On arrive à Isolabona, ça monte facile et bien. Le retour sur Sospel devrait être un jeu d’enfant, je ne m’interdirai pas d’aller au Torrage si ça monte grassement.

Rochetta, Luka s’y est précipité depuis quelques minutes et entame l’ascension de cette crête sauvage. Nous le rejoignons et on constate qu’ ça ne veut pas monter à plus de 1350. Je précise qu’il y a un flux d’Ouest, ce qui n’arrange pas nos affaires. Au lieu de viser sereinement les pentes Italienne de la tête d’Alpe, notre altitude ne nous permet que repasser dans la terrible vallée de la Roya au dessus d’Airole.

Pff c’est pénible, ça ne monte pas beaucoup. Nous sommes trois et chacun prospecte avec plus ou moins de succès. Hélas rien ne monte bien haut, on bricole a 1100 max et l’on aurait besoin de 1200 pour arriver avec toutes nos chances sur notre objectif au Nord, une belle cuvette sous le sommet (environ 1300). Nous sommes au dessus de belles falaises orientées Ouest, il y a aussi des belles pentes , un mini plateaux rocheux, un col, bref il y a une situation qui devrait être favorable et pourtant ça ne le fait pas. Je pense qu’on est tous les 3 un peu dans le même état d’esprit, avec la même réserve, et la même méfiance vis à vis du piège qui nous attend plus bas. Nous aimerions bien voir l’un des 2 autres y aller et ressortir dans cette cuvette !

Je n’avais pas besoin de ça après mon épisode dans la Haute-Bevera, mais je décide de me lancer néanmoins. Je suis déjà passé par ici, même si les circonstances étaient différentes, et cela n’avait pas été forcément plus simple..

Je décide de ne pas rester près des falaises et je coupe vers l’endroit que je devine le plus propice. Pas un bip en chemin… le temps est long. Finalement ça ressort dans du petit. Luka fait à son tour le job de manière plus élégante, quant à Corrado il commence à monter lui aussi sérieusement là où nous butions à 1100.

Une fois au sommet impossible de faire plus de 1500, tendance Ouest, et boom j’envoie quand même la transition vers Sospel. Quel énorme truc ! Je ne m’en lasserais jamais. La première fois que je l’ai faite cela avait été un grand moment !!! Je me fais du soucis pour Corrado et Luka qui me suivent avec leurs ailes moins performantes, alors qu’on a une altitude misérable et du vent de face. Mais bon, pour voler comme ils le font chez eux depuis aussi longtemps, ils ont forcément un sacré sang froid.

Ca passe de justesse pour Corrado. Ouf !

Le bougre arrive même à se refaire nous avons un Agaisin des grands jours !

Yes mon parcours est fini !

J’ai naturellement hate de me poser, car je n’ai plus d’eau depuis 2 heures et j’ai envie de partager ma joie avec mes copains, mais je me dis que l’on pourrait peut-être refaire le Mangiabo et que mes amis pourraient tenter de repasser sur Menton puis Bevera et rejoindre leur déco d’Isolabona.

Malheureusement, nous essayons pendant 20 minutes de prendre sur la baisse des canons une altitude significative mais ça ne passe pas.

On se pose tous les 3 bien heureux de nos vols respectifs et en se remémorant ce passage laborieux Isolabona Sospel. Ils ont fait un triangle de 100 km en Ligurie avec Federico, et moi 100k bien denses aussi. Magique !

PS : Grand merci à Philippe et JPT pour la voiture

Il reste 2 commentaires Aller aux commentaires

  1. jacqueline /

    Toujours au top Pasc pour les vols et les récits !!!!

  2. pasc /

    merci boss !
    tu nous manques !!!
    J’attends avec impatience les PDF et Récits qui nous aiderons à mieux comprendre ce nouvel écosystème dans lequel tu évolues

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